»Nous le savons tous, les terroristes qui attaquent notre propre territoire, qui agissent sur notre propre sol, sont liés avec ceux qui sont au Levant, en Irak et en Syrie mais aussi ici, dans la bande sahélo-saharienne. […] C’est le même combat, c’est le même enjeu. »

Coller sur le front de ses ennemis le label terroriste, c’est disqualifier d’office l’idée de dialogue avec lui, et plus encore, le meilleur moyen de ne voir aucune question se soulever de son côté. François Hollande, ex chef d’Etat et de guerre français le savait, et nous l’a très clairement fait comprendre en cette courte phrase.

Depuis des années, des groupes armés font front face à la République malienne, afin de gagner l’indépendance en des territoires donnés. Traités et dialogues locaux n’ont depuis servis à pas grand chose. Surtout depuis que l’ancien colon y a remis les pieds. Car voyant ses intérêts financiers directement menacés, l’Etat français y a durant le quinquennat Hollandais envoyé des centaines d’hommes en armes. Au nom bien entendu de la lutte contre le terrorisme ! Le problème, c’est que si de part et d’autres, les violences et débordements étaient déjà là, la présence des français, n’a fait qu’accentuer les tensions et décider les insurgés à ne point poser les armes.

Récemment, les différents protagonistes armés se sont unis autour d’un chef, Iyad Ag Ghali. Respectivement composé de Touaregs et Peuls, le mouvement islamique en question prône maintenant le Jihad global et transnational. Les populations, pauvres, délaissées par l’autorité républicaine, et sujettes à la corruption étatique, voient ainsi de plus en plus en le mouvement indépendantiste la solution à leurs maux. Et l’attitude des autorités françaises et maliennes ne font rien pour arranger les choses.

En effet, car comme l’on pouvait le lire sur slate africa:  »à quoi sert-il de sommer les populations de s’éloigner de «terroristes» qui ont les traits familiers de voisins, parents, et (…) de vos propres enfants? Quel sens y a-t-il à choisir le camp étatique lorsque l’État est vu comme l’origine même de vos tourments? Quelle confiance accorder à l’injonction de se distancer des terroristes émanant d’hommes surarmés, envoyés par l’ancien colonisateur, qui ne partagent ni votre langue ni votre religion? » Surtout quand la France tarde à chaque attaque ou  »bavure » à en vendre une explication…

Quand les maliens concernés tentent en plus de sommer les autorités maliennes et françaises à ressentrer le débat au niveau local, ils essuient un non catégorique. Pour que l’occupation française soit internationallement acceptable, la chimère jihadiste mondialisée est évidemment préférable. Et le procédé semble similaire ailleurs… C’est pourtant non seulement contre productif, mais surtout loin des réalités. Mais est-ce encore seulement surprenant ?

Il fut un temps où l’auto détermination des peuples, fut idée cher aux démocrates et humanistes. L’on en faisait des livres et théories, des résolutions et révolutions, il était devenu évident que les peuples et Hommes puissent disposer de leur terre et destin. Mais encore une fois, il semble que ce qui se devrait d’être la norme pour les uns – que l’on en apprécie les termes et méthodes ou non – ne le soit pas pour les autres. Pour l’instant, Mr Macron, nouveau chef de guerre français, ne semble en tous cas pas s’être décidé à retirer les troupes françaises du désert sahélien. À suivre…

Renaud K.

Pour aller plus loin: http://m.slateafrique.com/746649/mali-barkhane-ansar-dine-djihadisme

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