Cette minuscule méduse mesurant moins de 5 millimètres se nomme Turritopsis nutricula. Originaire de la mer des Caraibes, elle a la particularité de pouvoir passer du stade de méduse (adulte) au stade de polype (enfant), ce qui la rend selon les observateurs théoriquement immortelle.

C’est ainsi un fait unique en son genre, en inversant son processus de vieillissement, cette méduse repousse ainsi constamment sa mort. En rajeunissant, par le fait de cellules se modifiant jusqu’à revenir à leur stade primitif, elle réintègre ainsi le circuit des plus jeunes dans l’idée de reformer une colonie de polypes, futures méduses en devenir. Des expériences ont montré que ce retour au stade de l’enfance a lieu lorsque elle rencontre des conditions de vie défavorables tel que le stress, le manque de nourriture ou lorsque son métabolisme commence à décroître.

Selon certains scientifiques, cette méduse pourrait même inverser son processus de vieillissement, indéfiniment. Cela grâce au processus de transdifférenciation. Le chercheur japonais Shin Kubota a déjà observé il y a quelques années ce rajeunissement à une dizaine de reprises. Travaillant sur l’animal en question depuis bien des années, le chercheur pense déjà à transvaser la dite faculté à l’Homme. L’idée ne serait pas d’inverser le processus de vieillesse mais plutôt de le mettre en pause. Persuadé qu’on y arrivera, il espère tout de même que l’avancée n’aura pas lieu de si tôt. « Nous sommes intelligents et civilisés mais nos cœurs sont primitifs. J’ai peur qu’on passe à la science appliquée trop tôt, comme pour la bombe atomique », confiait-t-il au Times.

Capable ainsi de renouveler ses cellules, cette méduse peut aussi, au stade de polype (enfant), se reproduire de manière complètement asexuée. Certains s’inquiètent d’ailleurs de sa propagation très rapide ces dernières années. Des Caraïbes, nous la retrouvons désormais dans de nombreuses mers et plusieurs océans, au point ou l’on craint dans certains cercles savants une invasion silencieuse. Faute à un déficit de prédateurs, ou à ses difficultés à rendre la vie ? On s’interroge. D’autres espèces semblent bénéficier d’aptitudes similaires. De la posidonie de méditerranée – une plante aquatique – en passant par l’hydre – une autre méduse – l’éponge ou encore quelques épicéas et peupliers, certains sont encore là, après plusieurs milliers d’années d’existence…

« Il y a sur terre des preuves pour ceux qui croient avec certitude ; ainsi qu’en vous-mêmes. N’observez-vous donc pas ? » (1)

Renaud K

(1) Coran, Sourate Qui éparpillent, Verset 20

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