Nous nous sommes parfois entredéchirés au sujet du bien-fondé, ou non, de la participation musulmane à la campagne présidentielle française venant de s’écouler. Si, tout de suffisance et mépris, certain(e)s ont catégoriquement refusés tout échange possible et n’ont pour le coup rien appris ; pour d’autres, ce fut l’occasion de mettre un peu de sucre en son thé, et d’évoluer sur la question. Mais le chemin est long pour voir les positions extrêmes des deux côtés se faire silencieuses.

Mais voilà qu’à peine quelques heures la campagne close, certains ont jugés bon de remettre sur la table le sujet du calcul astronomique pour le mois de Ramadan à venir. Toujours les même nous dira-t-on. Oui, d’ailleurs les mêmes (pour certains) insistant tant sur le droit à diverger ailleurs mais premiers à traiter d’ignares moyenâgeux ceux n’allant pas dans leur sens ce coup-là. Étrange… Pour eux, nous sommes donc en une époque où déterminer le début du jeûne de ce mois est possible via les calculs, l’islam appellant à l’usage de l’intelligence et des sciences, pourquoi donc ne pas cesser d’en observer la chose à l’oeil nu ?

Oui, pourquoi pas. Le 1er problème est que là, nous avons un texte explicite de notre Prophète, paix et salut soient sur lui, invitant les croyants à user de cet oeil nu (statut du texte au niveau juridique ?). 2nd problème, l’usage des calculs, si il a été permis par certains très grands doctes, est tout de même bien conditionné (à voir dans les ouvrages de jurisprudence). 3ème problème, l’écrasante majorité des musulmans suivent encore l’idée d’une vision bien oculaire du croissant, et donc, en refuse ne serait-ce que d’y songer. Il s’agirait même d’un véritable acte d’adoration, ouvrant ainsi ce merveilleux mois. Voyez d’ailleurs comme il est apprécié partout de se réunir en famille à en chercher sa vision de par le monde.

Pourquoi donc créer des vagues inutiles, des débats stériles, qui vont une année de plus nous faire passer pour des gens jamais d’accord sur rien. Si encore, comme dans le cas de la participation démocratique cité plus haut, c’était là un sujet touchant directement aux fondements de la religion et à l’avenir même de la communauté. Mais non. Ce n’est là qu’une régle juridique, un moyen en remplaçant un autre, et que l’on tente d’imposer à une communauté qui n’en a nullement l’utilité. Qui plus est que le danger pourrait même être pour nos doctes très grand. Car en dehors des désunions que cela créé, commencer son jeûne ainsi sans en avoir vu le croissant, pourrait tout simplement rendre le jeûne de l’intéressé caduque.. Pourquoi donc prendre tant de risques ?

Puisse Allah raffermir ceux qui luttent à faire de l’islam la religion de la raison, de l’intelligence et des sciences. Mais l’intelligence même serait ainsi déjà d’éviter d’exacerber des tensions qui n’ont pas lieu d’être. Le calcul ici a ses raisons, certes, et il a ses hommes de science. Mais n’étant qu’un avis juridique de plus, n’ayant aucunement valeur d’obligation, et son imposition créant tant de désunions et conflits ; peut-être faudrait-il ne pas en rester à ce que nous, nos grands Hommes, et le Prophète, paix et salut soient sur lui, avons toujours fait ?

Ça se discute, alors discutons. Mais ne nous énervons pas ! Et surtout, revenons aux savants. Paix à vous.

Renaud K.

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