Du massacre de Sabra et Chatila

L’astronomie aura été durant ce qui est communément appelé l’âge d’or de la civilisation islamique une science des plus revisitées et augmentées. Les musulmans cherchant à définir les heures de prières, la direction de la Qibla comme le début de chaque mois lunaire, ils auront aussi eu à cœur de se réapproprier l’héritage grec, perse comme indien afin de trouver réponse à leurs questions. De l’Orient comme de l’Occident musulman, des siècles durant, sortiront des références pour tout un monde.

C’est ainsi que L‘union Astronomique Internationale eue la bonne idée de rappeler l’apport de ces hommes en 1354 de l’hégire (1935), en donnant le nom de 24 d’entre eux à des cratères lunaires. Ils sont musulmans, aussi parfois chrétiens, chiites ou appartenant à des courants religieux minoritaires, mais auront tous su bénéficier de l’essor scientifique promu par la civilisation islamique en laquelle ils ont évolué en un temps, où ailleurs, il en fut tout autre.

Parmi les précurseurs de l’astronomie arabo-musulmane (entre le 2ème et 4ème siècle de l’hégire) se trouvent sur la Lune al Battani, celui-là même qui fut nommé le Ptolémée des Arabes et plus tard inspirant Copernic. Citons aussi al Farghani ou encore Thabit Ibn Qurrah, sabéen au service du califat, et un des plus grands traducteurs de son temps, au point ou nombreux sont les écrits grecs disparus parvenus aux modernes grâce à lui. Jabir ibn Hayan, un des pères de la chimie, disciple de Jafar as Sidiq (considéré comme le 6ème imam par les chiites) aussi dispose de son cratère. S’y trouve évidemment l’inventeur de l’algèbre, al Khawarizmi, auteur de la plus vieille table astronomique du monde arabe. Nous y trouvons également le calife al Ma’mun, à qui l’on doit la Maison de la sagesse telle qu’on la connaît, mécène et fondateur du 1er observatoire spatial en terre d’islam à Baghdad.

Abu al Wafa, ibn al Haytham (père de l’optique moderne) ou encore al Biruni y ont aussi été cités. Al Biruni, ou l’un des plus grands savants de l’époque médiévale, à la fois astronome, botaniste, historien et physicien. Notons encore la présence en la Lune des noms d’Abu al Fida, historien et géographe ayant combattu contre les croisés et d’Omar Khayyam, l’un des plus grands mathématiciens médiévaux, à l’origine de la réforme du calendrier persan (plus précis encore que le grégorien). S’y trouve encore Abd ar Rahman al Sufi (Azophi), découvreur persan de galaxies mort au 4 ème siècle de l’hégire. Aussi s’y trouvent ibn Yusuf, savant égyptien et l’ismaelien Nasir Eddine Al-Tusi, né au 6ème siècle de l’hégire, célèbre savant pluridisciplinaire connu pour ses écrits sur la logique et les chiffres. Ulugh Beg, savant et sultan de la dynastie des Timourides ayant vécu au 8ème siècle de l’hégire, dispose encore de son cratère.

Nous y avons aussi certains des plus grands doctes de l’Occident musulman dont al Bakri, al Bitrougi (Alpetragius) al Marrakouchi, al Zarqali, ibn Bajja (Avempace) mais aussi le célèbre explorateur et géographe ibn Battuta. Le 1er homme connu ayant volé dans les airs, ibn Firnas ou encore le philosophe et juriste Ibn Rushd ont tous deux encore leur cratère. Soraya, Samir, Osama et Karima sont aussi autant de prénoms donnés à de plus petits cratères.

Renaud K.

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