Car se référer à la voie de nos pieux prédécesseurs est souvent l’affaire de simplismes et de vifs verbiages, plutôt que d’une éthique véritable ; il est agréable de voir certains s’afférer à remettre sur ce sujet, les points sur les  »i ». À la base une conférence de Sulayman Ar Rouhayli, le traducteur a pris soin d’apporter en ce livre cité plus bas, quantité de notes et paroles de doctes venant compléter les propos tenus dans celle-ci. Ici, nous nous sommes arrêtés sur ceux tenus par le non moins fameux Muhammad Ibn Al Utheymin, offrant ses vues sur un sujet, lieu de tant de tensions, et si sommairement compris : celui de l’innovation.

Extrait :

« Lorsqu’un savant prononce une innovation et suit la voie de gens innovateurs dans un sujet précis, est-il compté comme étant un des leurs ? La réponse est non (…). Ce, car il ne s’est conformé à leur voie que dans ce sujet, il est donc faux de l’affilier à eux de manière absolue. C’est d’ailleurs pourquoi, nous qui suivons ici dans le domaine de la jurisprudence les avis (…) émis par l’imam Ahmad ibn Hanbal, nous ne devenons pas pour autant des Chafi’ites lorsque nous suivons l’avis de l’imam Ach Chafi’i dans un sujet précis (…). Il en est ainsi lorsqu’un des savants reconnus et connus pour sa fidélité à la Sounna et son bon conseil suit l’avis égaré des gens de l’innovation dans un sujet ; il ne devient pas pour autant un de leurs adeptes de leur voie innovée. (…) la faute qu’ils commettent en s’accordant à l’égarement de telle secte dans tel sujet est une faute qui provient de leur ijtihad, et celui qui réalise un ijtihad parmi les gens de cette communauté a deux récompenses s’il voit juste et une seule s’il se trompe. Quant à l’individu qui rejette toute la vérité présente chez une personne, qui est à la base en conformité à la vérité, à cause d’une parole qu’il a prononcée et dans laquelle il s’est trompé, il est certes un homme injuste ; d’autant plus si ce qu’il pense être une faute n’en est pas une en réalité. En effet, de nos jours il y a certains gens qui, lorsque quiconque n’est pas en d’accord avec eux, ils le jugent comme étant un fautif ou un égaré ou, pire encore, un mécréant (…). Ce qui est une voie extrêmement mauvaise » (1)

Renaud K.

(1) Soulayman Ar Rouhayli,  »La Salafiyya : une voie et une vie », Editions L’Héritage Prophétique, 2017, p. 108-109

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