Voilà les États-Unis se devant de faire face à une nouvelle tuerie de masse. Un homme a cette fois ouvert le feu dans une église, au Texas, tuant 26 personnes. Cette fusillade intervient 1 mois à peine après la tuerie de Las Vegas, ayant mis en scène Stephen Paddock (soldat caché de l’EI ?), 64 ans, assassinant 59 personnes et en en blessant plus de 500 autres.

À ce stade de l’année 2017, on compte d’ors et déjà plus de 300 fusillades (4 victimes au minimum). Au total – en comptabilisant les suicides – c’est ainsi plus de 12 000 personnes qui sont mortes par balle ces 10 mois passés un États-Unis. Parmi ceux-ci des enfants, en moyenne 7 à mourir ainsi par jour. Si ces fusillades n’ont rien de nouveau, elles semblent néanmoins aller en croissant et surtout dernièrement redoubler en violence. Si on a tous en souvenir l’épisode Columbine, où 2 jeunes lycéens tuèrent 12 de leurs camarades, le procédé s’est depuis maintes et maintes fois répété. Pour ne citer que les plus conséquents : en 2007, Cho Seugn-Hui, un sud-coréen, enleva la vie à 32 personnes en un institut universitaire à Blacksburg. Le 14 décembre 2012, c’était Adam Lanza, jeune homme de 20 ans, qui lui tua 26 personnes dont 20 enfants dans l’école de Sandy Hook. Déjà en 1991, George Hennard, 35 ans, avait foncé dans un restaurant avec sa voiture avant d’exécuter une à une ses victimes d’une balle dans la tête avant de se tuer. Dans le même genre que celle faisant aujourd’hui la une, citons la tuerie de Charleston, où 12 afro-americains furent sommairement abattus en une église par un suprémaciste blanc, Dylan Roof, depuis condamné à mort.

Si quelques fois les motivations sont d’ordre politique ou religieux, l’essentiel de ces tueries, en mettant de côté celles liées au gangs et mafias, sont le fait d’hommes déjà souvent victimes de leur propre folie. Sans réelle revendication, ces tueurs d’un jour réalisent ainsi leur désarroi au travers de la violence et du meurtre. Si le profil de ces individus est par les médias tantôt abordé, il est pourtant vite occulté par ce qui est avancé comme la véritable source du problème : la libre possession d’armes à feu. Le débat mérite d’être posé, certes. Mais si les armes sont le problème, pourquoi le Canada, la Suisse ou la Finlande sont donc si peu touchés par ces excès meurtriers ? Les deux dernières nations sont pourtant juste derrière les États-Unis et le Yémen en terme de nombre d’armes par habitant. Problème d’armes ? Ou problème de mentalité, de culture, de civilisation ? Peter Squires, professeur en criminologie, voit ainsi en la recrudescence de ces tueries un lien évident à faire avec la culture individualiste du pays. Le criminologue James Alan Fox fait lui valoir l’isolement social de ces meurtriers de masse. D’autres y voient qu’une conséquence de toute la culture de la violence propre à cette Amérique s’illustrant depuis des décennies dans toutes les formes de productions artistiques possibles. Michel Moore avait d’ailleurs lui rappeler comment la télévision, jouant constamment sur la peur des américains, contribuait dès lors à morphondre ces derniers dans de violentes formes de paranoïas.

Aussi est-il étonnant de voir un pays aussi riche et prospère et ayant un appareil juridique parmi les plus répressifs de ce monde ne pas arriver à endiguer ce déferlement de balles et de sang.. Mais que manque-t-il à cette Amérique pour que sagesse soit sienne ?

Renaud K.

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