Brève chronologie de la jurisprudence islamique

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On nomme jurisprudence les lois religieuses à caractère de réquisition déduites des preuves détaillées. Cette définition exclut donc les lois religieuses à caractère informatif relevant quant à elles du domaine de la croyance. L’exposé de la jurisprudence a donc commencé par la mention de ces lois dans la Révélation transmise à l’Envoyé d’Allah ﷺ ; que les Compagnons apprenaient directement de celui-ci ﷺ. Les Suivants les ont ensuite apprises des Compagnons.

D’autre part, à l’époque des Compagnons, des choses nouvelles firent leur apparition qu’ils traitèrent alors en réalisant des déductions à partir des textes révélés. La même chose survint à l’époque des Suivants. Les sujets jurisprudentiels devenaient alors de plus en plus nombreux. Ce n’est qu’après cela que la mise à l’écrit de la science religieuse débuta. En effet, c’est ibn Chihab Az Zouhri (un des Suivants et jurisconsulte de Médine) qui par ordre du Calife ommeyade Omar ibn Abd Al Aziz, fut le 1er à mettre à l’écrit les textes rapportés du Prophète ﷺ et des Compagnons ; nous étions donc là à l’époque des Suivants. Ensuite, la rédaction des grands recueils suivit : le « Jami' » de Soufyan At Thawri, le « Jami' » de Hammad ibn Salamah, les « Mouwatta » de Malik ibn Anas, ibn Abi Dhi-b et d’autres, ainsi que les « Mousannaf » de Abd Ar Razzaq As San’ani, Abu Bakr ibn Abi Chaybah et d’autres encore.

Puis, les sujets jurisprudentiels se virent consacrés la composition de livres spécifiques, rédigés par des élèves de certains grands jurisconsultes tels qu’Abu Hanifah. Nous sommes là à l’époque des Suivants des Suivants. Abu Hanifah s’exprimait alors dans la jurisprudence selon ce qu’il avait appris de l’école du Compagnon Abd Allah ibn Mas’ud, l’imam des gens de la ville de Kufa en Irak. Celui-ci avait eut de nombreux élèves : Alqamah ibn Qays, Masruq ibn Al Ajda, Al Aswad ibn Yazid, Abd Ar Rahman ibn Yazid. Les gens les plus versés dans la jurisprudence de toutes les contrées de l’Islam étaient ceux de Kufa, parmi les élèves de Abd Allah ibn Mas’ud. Abu Hanifah avait lui reçu son savoir de Hammad ibn Abi Soulayman qui lui l’avait eu d’Ibrahim An Nakha’i. Les paroles d’Abu Hanifah quant aux sujets jurisprudentiels furent ainsi mises à l’écrit par ses élèves : ce fut les 1ers recueils à ce sujet.

À peine plus tard à Médine vint la mise à l’écrit, comme mentionné plus haut, des avis jurisprudentiels de Malik ibn Anas dans son célèbre « Mouwatta ». Ensuite vint dans la communauté un homme qui avait appris des deux écoles : celle de Kufa et celle de Médine, apprenant directement d’Abu Hanifah et de Malik ibn Anas : Mouhammad ibn Al Hasan Ach Chaybani. Il composa plusieurs livres jurisprudentiels et eut plusieurs grands élèves dont Mouhammad ibn Idris Ach Chafi’i. Ce dernier tira profit de lui comme ensuite des livres composés par les jurisconsultes de l’école irakienne koufite – l’école d’Abu Hanifah et ses élèves – qu’il compléta par ce qu’il avait appris auprès de Malik ibn Anas. Étudiant encore auprès d’autres savants du Hijaz et du Yémen, Ach Chafi’i s’était vite acquis un esprit des plus pénétrants.

Etudia auprès d’Ach Chafi’i l’illustre Ahmad ibn Muhammad ibn Hanbal. Celui-ci apprit de lui énormément et ne quitta plus ses assises aussi longtemps qu’Ach Chafi’i resta à Bagdad. Ceci au point où un camarade d’Ahmad, l’érudit du Hadith Yahya ibn Ma’in, lui reprocha cela du fait qu’Ach Chafi’i ne possédait pas une courte chaîne de transmission remontant jusqu’aux Compagnons et au Prophète ﷺ par rapport à d’autres. Ahmad répondit à ce reproche en disant : « Si tu passes à côté d’une chaîne de transmission chez lui, tu la trouveras chez un autre, mais si tu passes à côté de la science de cet homme, tu ne la trouveras pas chez un autre ! ». L’imam Ach Chafi’i composa entre autres « Al oumm », « ar risâlah » dans le domaine de la jurisprudence.

La majeure partie de la fondation de la jurisprudence présente dans la Oumma retourne donc à ce qui a été appris et transmis de ces quatre imams : Abu Hanifah, Malik, Chafi’i et Ahmad ibn Hanbal. Outre ceux cités, comptons encore parmi eux Abu Amr Al Awza’i, Al Layth ibn Sa’d Al Fahmi Al Misri ou encore Muhammad ibn Jarir At Tabari. La jurisprudence s’est donc transmise par ce qui a été hérité du savoir de ces quatre hommes et mis à l’écrit, ordonné par leurs élèves, puis les élèves de ces derniers, puis les élèves de ces derniers, puis les élèves de ceux-ci, selon les différentes classes des jurisconsultes de chaque école, jusqu’à parvenir à notre époque. Abu Hanifah avait ainsi des élèves ne le quittant jamais tels que Abu Yusuf Al Ansari et Mouhammad ibn Al Hasan Ach Chaybani, qui à leur tour, transmirent ce savoir à leurs élèves. Il en fut de même pour Mâlik, Ach Chafi’i et Ahmad.

Ces quatre hommes, plus de 1200 années plus tard, sont les quatre imams des écoles jurisprudentielles suivies encore aujourd’hui.

Rajab ibn Abdallah (Editions L’Héritage Prophétique)

Pour en savoir plus :

– Chaikh Salih Al ‘Ousaymi, « al manhajiyyah fî ta’alloum al fiqh » (« la méthodologie pour apprendre la jurisprudence »)

2 thoughts on “Brève chronologie de la jurisprudence islamique

  1. Salam alaykom wa rahmato ALLAH wa barakatoho. Merci pour ce sujet intéressant. Mais vous avez totalement ignré le fondateur de cette discipline et l’a élevé au rang de science, à savoir JAAFFAT AS SADIQ. SVP lisez جعفر الصادق و المذاهب الأربعة. للكاتب أسد حيدر.

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