Né dans la cité de Jilan, en l’actuel Iran, en l’an 472 de l’hegire (1077), Abdel Qadir al Jilani est l’un des plus reconnus savants médiévaux de l’islam.

Sa jeunesse passée en sa Perse natale, il part à 18 ans pour Bagdad continuer son apprentissage. La fameuse université Nizamiya vient alors de perdre l’illustre Abu Hamid al Ghazali, parti se retrouver un temps en des lieux éloignés. Pensant s’y inscrire, il s’en éloigne pour mieux se rapprocher d’autres doctes locaux, tels Abû Al-Wafa Ibn Aqil, Muhammad Al-Baqlani ou encore Abu Zakariya At-Tabrizi. A leurs côtés, il étudiera l’exégèse du Coran, le Hadith, comme la biographie du Prophète – paix et salut soient sur lui – le dogme, la jurisprudence, la grammaire, la récitation du Coran ou la philologie. Ce sont ainsi pas moins de 13 sciences qu’il fera ainsi siennes. Ceci accomplit, il s’évanouit dans la nature, lui cherchant à se retrouver, avant de revenir à Bagdad des années plus tard, autour de 521H (1127).

C’est au cours de cette période qu’il va, aux côtés de Hammad Ibn Muslim Ad Dabbas ou encore d’Al Mubarak Said Ibn Al Hassan, acquérir le savoir nécessaire à son cheminement spirituel le rendant ensuite si célèbre. C’est auprès de ce dernier qu’il reçoit d’ailleurs sa ijaza. La cinquantaine passée, revenu en ville, il se taille très vite une réputation de prédicateur hors pair. Les fidèles viennent d’ailleurs si nombreux, qu’il est à chaque fois contraint de prêcher dans un endroit plus grand. Il embrase alors le cœur de milliers de musulmans se pressant pour assister à ses sermons. Il fait l’objet de toutes les attentions, tant pour ses appels à la purification des cœurs que pour son orthodoxie affirmée.

Hanbali de formation dans la jurisprudence, il maîtrisait aussi l’école chafeite. Ardent défenseur de la voie des pieux prédécesseurs, il défend alors l’unicité divine avec insistance, dénonçant les innovations avec tout autant de verve. Rappelleur dans l’âme, s’adressant aux gouverneurs comme aux gouvernés, on lui doit une attache quant au principe de l’ordonnance du bien et la condamnation du blâmable mémorable.

L’imam ad Dhahabi voyait en lui un dévot, un ami intime d’Allah, le « Cheikh al Islam ». Ibn Rajab le tenait en haute estime, il était selon ses dires attaché « à la Sounna en ce qui concerne la question des attributs, du destin ainsi que dans d’autres sujets. Il réfutait fermement ceux qui s’opposaient à son opinion sur ces points. »(1). Les savants de la Sunna étaient unanimes quant à la droiture de l’homme. Ibn Taymiyah disait de lui et ses semblables et maîtres qu’ils étaient « parmi les plus illustres cheikhs de leur époque, ordonnant le strict respect du shar’, des Ordres Divins et des interdits, en leur donnant la prééminence sur le goût et la fatalité. Il (al Jilani) est du nombre des plus illustres cheikhs qui enjoignaient à abandonner la passion (…) Il ordonne au sâlik (cheminant dans la voie de Dieu) de ne pas avoir de volonté propre à la base, pour vouloir ce que Allah Exalté Soit-Il veut ». (2)

Auteur de nombreux ouvrages, al Jilani s’était fait régulièrement le chantre de l’unicité divine en sa plus simple définition. « Il incombe à chaque Musulman de ne s’en remettre qu’à Allâh, et de n’implorer le secours de nul autre hormis Allâh, et ne pas croire en un procédé en dehors d’Allâh, et mettre comme reflet de ses actions le Hadith d’Ibn Abbas : « Et quand tu demandes, demande à Allâh, et quand tu implores l’aide, implore l’aide d’Allah. » Il te suffit, Ô toi qui demande à être bien guidé, La Parole du Très-Haut : « C’est Toi [Seul] que nous adorons et Toi [Seul] dont nous implorons secours », n’adore donc personne d’autre, et n’implore le secours de personne hormis Lui, et ne demande qu’à Lui, c’est cela le Tawhîd. » (3)

Jusqu’en 561H (1166), année de son décès, il donnera cours en son école. École qui perdurera ensuite sous une certaine forme confrérique connue depuis sous le nom de Qadarriya.

Renaud K.

(1) Adh-dhayl ala tabaqat al-hanabila, Abd Ar-Rahman ibn Ahmad ibn Rajab, p. 198-199, maktaba al Oubaykan, Riyad, 1425 H
(2) Majmu Fatawa volume 10, p. 488-489.
(3) Futûh Al-Ghâyb (p.73-74) chez Dâr Al-‘Albâb, 2ème édition de 1413H

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